
Les douleurs articulaires au niveau du pied ou de la cheville sont fréquentes et peuvent rapidement devenir un véritable handicap. Qu’elles fassent suite à un traumatisme, à une maladie inflammatoire ou à une posture déséquilibrée, ces douleurs ne doivent jamais être banalisées.
Avec le temps, une douleur articulaire négligée peut engendrer des compensations à distance (genoux, hanches, dos), réduire la mobilité et altérer considérablement le confort de marche. Une prise en charge ciblée permet le plus souvent de soulager durablement tout en évitant l’aggravation silencieuse de la lésion initiale.
Entorse et instabilité chronique de la cheville
L’entorse de cheville est l’un des traumatismes les plus fréquents du pied. Elle peut survenir lors d’un faux mouvement, d’un appui instable ou d’une activité sportive.
On parle d’entorse lorsqu’un ou plusieurs ligaments de la cheville sont étirés, voire rompus.
Comment la reconnaître ?
- Douleur soudaine après une torsion
- Gonflement immédiat, parfois avec hématome
- Difficulté à poser le pied au sol
- Instabilité ou appréhension à la marche
Mais le problème survient souvent après la phase aiguë : une fois la douleur principale calmée, de nombreux patients gardent une sensation d’instabilité, un pied qui lâche, une cheville qui tourne pour un rien.
Ces séquelles, lorsqu’elles ne sont pas corrigées, peuvent entraîner :
- Douleurs chroniques à la marche
- Réactivation de l’inflammation à l’effort
- Compensations posturales (genou, bassin)
On parle alors d’instabilité chronique de la cheville, une pathologie fréquente mais souvent négligée. Elle est due à un déficit proprioceptif, une laxité ligamentaire résiduelle ou un appui déséquilibré.
Dans ce contexte, un bilan podologique complet permet d’objectiver les troubles d’appui ou les asymétries. Des semelles orthopédiques personnalisées peuvent être proposées pour réaligner le talon, soutenir l’arche plantaire, réduire les microtraumatismes latéraux et sécuriser la marche, réduisant considérablement les récidives.
Arthrose du pied ou de la cheville : quand l’usure fait mal
L’arthrose est une usure progressive du cartilage articulaire. Elle peut toucher différentes zones du pied et de la cheville : articulation tibio-tarsienne, médio-pied ou gros orteil (hallux rigidus).
Les signes évocateurs :
- Raideur matinale ou après immobilité
- Douleurs à la marche prolongée ou en terrain irrégulier
- Gêne au chaussage
- Sensation d’articulation bloquée ou qui grince
L’arthrose peut être favorisée par un ancien traumatisme, une surcharge pondérale ou un trouble d’axe du pied.
Un examen postural permet de repérer les zones de surcharge et d’intervenir avec des solutions discrètes qui soulagent les articulations tout en préservant leur mobilité.
Pathologies inflammatoires : douleurs diffuses ou en poussées
Certaines maladies inflammatoires provoquent des douleurs articulaires intenses, souvent associées à des gonflements, une raideur matinale prolongée et des épisodes de fatigue inhabituelle.
Parmi les plus fréquentes :
- Arthrite rhumatoïde : atteinte bilatérale, évolutive, avec risque de déformation articulaire
- Goutte : souvent localisée au gros orteil, avec crise aiguë brutale, douleur vive et rougeur marquée
- Spondylarthrite ankylosante ou arthrite psoriasique : douleurs diffuses, parfois accompagnées de tendinites (notamment au talon ou sous le pied)
Ces pathologies doivent faire l’objet d’un suivi médical, mais une prise en charge podologique ciblée permet de préserver les capacités de marche, de limiter la déformation articulaire et de soulager les douleurs liées à la pression excessive sur certaines zones.
Déséquilibres mécaniques : douleurs chroniques sans cause apparente
Certaines douleurs articulaires s’installent progressivement, sans traumatisme ni pathologie inflammatoire, simplement à cause d’un déséquilibre biomécanique.
C’est le cas des :
- Pieds plats ou creux
- Hallux valgus
- Inégalités d’appui gauche/droite
- Activités professionnelles avec piétinements prolongés
Ces troubles créent une surcharge sur certaines zones articulaires (cheville, médio-pied, métatarses), générant une douleur diffuse ou ciblée, souvent en fin de journée ou lors de longues marches.
Une analyse de la posture et de la marche permet de corriger les points de déséquilibre avant qu’ils ne deviennent invalidants.
Autres causes fréquentes à ne pas négliger
Certaines douleurs articulaires sont plus spécifiques mais tout aussi invalidantes :
- Syndrome du sinus du tarse : douleur profonde entre la cheville et le coup de pied, souvent après une entorse, avec sensation de vide ou d’instabilité
- Conflits mécaniques antérieurs ou postérieurs de cheville : douleurs à la flexion ou à l’extension maximale, fréquentes chez les sportifs (danse, football, course)
- Hyperpression médio-tarsienne : douleurs sous la voûte plantaire ou au niveau du cou-de-pied, souvent mal localisées, aggravées par les terrains irréguliers
- Ostéochondrite disséquante du talus : atteinte du cartilage chez les adolescents ou jeunes adultes, pouvant provoquer des douleurs persistantes après un traumatisme
Prise en charge podologique des douleurs articulaires du pied et de la cheville
Une évaluation podologique approfondie permet d’identifier les déséquilibres mécaniques responsables des douleurs et d’adapter la prise en charge à chaque patient.
L’objectif est double : soulager les zones douloureuses tout en corrigeant les causes posturales ou fonctionnelles sous-jacentes.
Les principaux traitements proposés en cabinet incluent :
- Bilan podologique complet : analyse de la posture, de la marche et des appuis plantaires en statique et en dynamique afin de détecter les surcharges, asymétries ou défauts d’alignement
- Semelles orthopédiques sur mesure : réalisées à partir des mesures du patient, elles permettent de
- redistribuer les pressions plantaires pour soulager les zones sursollicitées
- stabiliser les articulations du pied et de la cheville
- améliorer la coordination et la proprioception pour prévenir les entorses ou les récidives
- Travail en synergie avec d’autres professionnels de santé : collaboration avec des kinésithérapeutes, médecins du sport ou rhumatologues lorsque la douleur s’inscrit dans un contexte plus global (arthrose, inflammation, instabilité chronique)
- Suivi régulier : réévaluation de l’efficacité du traitement, ajustement des semelles ou des corrections posturales en fonction de l’évolution des symptômes
Grâce à cette approche globale, la podologie permet non seulement de diminuer la douleur mais aussi de restaurer un confort de marche durable, en redonnant au pied son rôle essentiel dans l’équilibre et la stabilité du corps.
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